Philosophie

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La société chez Max Stirner

Par • 22 nov, 2013 • Catégorie: La société

Voici des textes sur la société rédigés à l’attention des agrégatifs par l’un de nos collègues, M. Thierry de Toffoli sur la société, au format PDF. Qu’il en soit vivement remercié :

 

Individu et Société. Lecture de Stirner.

Si la pensée de Stirner peut ici nous intéresser, c’est par la radicalité avec laquelle elle pose le problème de l’individu face à tout ce qui peut se présenter comme transcendance, comme autorité. L’unique, comme il le nomme, ce n’est ni l’homme, ni le citoyen, ni même le moi (au sens d’un moi constitué), tout au plus une force imprévisible et indicible de création et d’affirmation. De fait, l’opposition entre la vie de l’individu et les exigences de la société trouvent probablement ici leur expression la plus forte, la première étant pensée selon le mode de l’exclusivisme tandis que la seconde exige, pour le moins, le lien et la communauté. Une telle réflexion suppose tout d’abord l’élucidation de l’idée de société. Comment se forme-t-elle et comment prend-elle l’ascendant sur l’individu ? Car c’est bien l’idée de société et non la société comme telle (qui n’est pas aux yeux de Stirner une réalité) qui aliène l’homme. Ainsi, nous verrons par cette élucidation elle-même se dessiner la figure de l’Unique en tant qu’Autre de la société c’est-à-dire l’Égoïste. Mais si la dissolution de la société devait être le dernier mot, au sens véritable d’une victoire de l’existence sur les produits de la pensée, que deviendront nos rapports ? Pour répondre à cette question nous devrons tenter de saisir ce que serait une « société d’égoïstes », une libre association des individus, par opposition à ce que serait une société égoïste. […]

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Max Stirner, L’unique et sa propriété et autres écrits. (Ed. Bibliothèque L’Age d’Homme). Sélection de 5 textes

Texte 1 (p.191-192)

« Comment pouvez-Vous vivre véritablement en société, aussi longtemps qu’une ombre d’exclusivisme subsiste entre vous ? »
Je retourne la question et dis : « Comment pouvez-vous vraiment être unique, aussi longtemps qu’il subsiste ne serait-ce qu’un seul lien entre Vous ? Si Vous dépendez les uns des autres, Vous ne pouvez Vous séparer et si un « lien » quelconque vous attache, Vous n’êtes que quelque chose qu’en tête-à-tête, vos douze font une douzaine, vos milliers un peuple, vos millions l’humanité ».
« Mais ce n’est qu’en étant humains que Vous pouvez avoir des rapports mutuels en tant qu’hommes, de même que Vous comprendre comme patriotes que si Vous êtes patriotes ! »
Soit ; quant à Moi, Je réponds : « Ce n’est que lorsque Vous êtes unique que Vous pouvez avoir avec autrui des rapports sur la base de ce que Vous êtes ». […]

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Explication du texte 5 (p. 342-343)

Qu’une société, la société-État par exemple, restreigne Ma liberté, me révolte peu. Ne suis-je pas obligé de la laisser limiter par toute sorte de puissances, par tous ceux qui sont plus forts que Moi et même par chacun de Mes semblables, et serais-je Sa Majesté l’autocrate de toutes les R… que Je n’en jouirais pas pour autant de la liberté absolue. Mais ma particularité, voilà ce que Je ne veux pas Me laisser ravir, et c’est précisément elle que chaque société a en vue, elle qui doit succomber à sa puissance.
A la vérité, la société dans laquelle Je me range M’enlève mainte liberté, mais elle M’en accorde aussi d’autres. Il n’est pas non plus important que Je Me prive Moi-même de telle et telle liberté (par chaque contrat que Je passe, par exemple), mais Je veux, en revanche, jalousement tenir à Ma particularité. […]

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est professeur au Lycée Grandmont (Tours)
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